Portrait et haikus.
Santoka (1882-1940).
A quarante-deux ans, après des années de vie rendues fâcheuses par la consommation excessive de saké, il est ordonné moine zen. Il va alors passer le plus clair de son temps à marcher, entreprenant de longs pèlerinages poétiques.
"C'est en voyageant à pied que j'arrive à comprendre véritablement les gens, la poésie et la nature".
Pour Santoka le plus grand des bonheurs c'est "une chambre, une lampe, une table, un bain et une coupe de saké". Le soir il consigne dans son journal ses pensées et ses haikus qui reflètent ses impressions, ses sensations du jour. "Pure expérience", telle est sa conception de la poésie.
"A l'auberge de Miyazaki, chaque nuit le bruit des vagues résonne sur mon oreiller. J'aime le balancement de la mer et la quiétude de la montagne".
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le bruit incessant des vagues
mon village natal
si loin
Il s'installe dans un ermitage qu'il baptise "la demeure du vagabond", où il séjourne entre deux pèlerinages.
"Je puis enfin parler de "retour à la maison pour méditer". J'ai erré longtemps. Non seulement mon corps mais mon coeur aussi a erré. J'ai souffert du fait d'avoir à vivre. J'ai vécu avec angoisse la nécessité d'exister. Enfin j'ai trouvé la paix avec l'existence."
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j'ai du riz
j'ai des livres
j'ai même du tabac
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légèrement ivre
les feuilles des arbres
se dispersent
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de retour je mets de l'ordre
au loin les montagnes
couvertes de neige



